Réalité(s) – Exposition collective en réalité augmentée


Les outils actuels permettent de brouiller de plus en plus facilement la frontière entre réel et illusion, de tromper nos sens. Ceux-ci ne sont plus en capacité d’interpréter le réel, de reconnaître le vrai du faux.
Aujourd’hui où le principe même de réalité est remis en cause, le Collectif 100 Pression propose ici de jouer avec différentes visions du réel.
En collaboration avec BLINKL.

 

 

 

 

WIDE

La réalité : c’est le caractère de ce qui est. Ce n’est ni une invention, ni une apparence. Pourtant, la réalité est plurielle. Ce sont des croyances, des sensations collectives et des constructions sociales. Les réalités sont donc multiples et subjectives.

C’est pourquoi WIDE interpelle les procédés de production de réels.

Dans sa série Portraits, il utilise quatre images issues du site This person doesn’t exist produites par le biais d’algorithmes de manière aléatoire. Ces portraits humains et déroutants sont en attentes d’usages ; photographies de sites de rencontres, de CV ou de comptes Twitter, tout devient possible. Ici Wide, les trame, les sature, les manipule afin d’en perturber la lecture, d’y glisser un peu de poésie et de surtout d’interroger leurs capacités à produire de vraies fausses identités. 

Dans sa série Info, ce sont 5 différentes chaînes d’information en continu qu’il va sonder. Il opère un arrêt sur image à l’exacte même heure sur ces cinq chaines. Il obtient des images et des narrations très différentes. Il va en faire des captations, les mélanger, les compresser, les perturber via le procédé du datamoshing qui déstructure les images vidéos et enfin il en produit de nouvelles. Ainsi il propose une création abstraite faite de réalités absurdes, qui semble pourtant si vraie. L’envie ici est de questionner l’information dans sa capacité à produire de l’image réelle. Pourtant une image dépend d’un contexte, d’une ligne éditoriale subjective et du spectateur. Wide rejoint ainsi le propos posé par la République de Platon : les images n’indiquent pas, par elles-mêmes ce qui se passe vraiment.

SMOKA

Le métavers définit un univers virtuel en ligne, où les utilisateurs seraient en mesure de travailler, se divertir ou encore rester connectés avec leurs amis. Ils y seraient représentés sous la forme d’avatars, de méta-humains le plus réaliste possible permettant à chacun de mener une existence parallèle. Plusieurs sociétés ont donc déjà commencé la modélisation de ces êtres virtuels, avec la délicate mission de reproduire le plus fidèlement possible un visage humain : ses expressions, le grain de la peau, le mouvement des cheveux et surtout cette petite lueur si caractéristique dans le regard.
Certains voient déjà dans ce métavers le cauchemar dystopique de demain… Un monde où la technologie contrôlerait nos existences. Une sorte de Big Brother géant où nos actions, nos conversations et nos comportements seront observés, épiés, scrutés…
Les méta-humains sont ici à la base du travail de Smoka, qui a créé et personnalisé plusieurs avatars, devenus “modèles” virtuels pour l’artiste. S’emparant de leur réalisme, il fragmente et recompose les visages en noir et blanc de ces êtres sans vie, comme pour les faire danser sur la toile avec la couleur. L’intégration d’éléments créés virtuellement et interagissant avec les compositions picturales participe à la construction d’une certaine abstraction, d’une nouvelle réalité.
À travers le traitement réaliste de ses œuvres, il crée l’illusion de photographier des personnes réelles, or il s’agit bien de peinture d’êtres virtuels.
Les compositions animées de Smoka nous questionnent sur le futur de notre société, dans laquelle la frontière entre le réel et le virtuel risque de disparaitre, créant de fait plusieurs Réalités.

 

PEDRO

À partir de visuels historiques de contre-propagande de la seconde guerre mondiale qui mettent en image les rapports de force entre une population opprimée et ses oppresseurs, Pedro nous propose une vision à plusieurs échelles.

Il nous laisse entrevoir par la fenêtre un fragment d’image, signifiant ainsi qu’une vision plus large est parfois nécessaire à la bonne compréhension d’une situation.

THE BLIND

«C’est l’histoire de deux rails qui aimeraient se rencontrer… Mais chacun vit son train-train en parallèle.» Gaëtan Faucer

C’est lors d’actions dans le métro que The Blind découvre cet univers parallèle. Il nous propose aujourd’hui une vision de ce monde souterrain que les voyageurs côtoient sans vraiment connaître.

Le regard n’est pas le même lorsque l’utilisation diffère. De quoi s’interroger sur notre perception du monde ?

 

The Blind en collaboration avec :

Mathieu Bones

Adèle Beauvineau 

Débiles Vies

Alexandre Duval

Greg Looping

Merci à l’équipe de l’Atelier et à la ville de Nantes !

 

Photos ©100Pression, ©Mathias Bones et ©Nicolas Dorbon

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