Fresque collective place Commerce à Nantes

Le Collectif 100 Pression a été sollicité par Nantes Métropole pour réaliser une oeuvre éphémère dans le coeur de la ville. Persu, Pedro et Wide ont ainsi peint une fresque sur des palissades le long de la place Commerce à Nantes.
Ce travail collectif fait écho à 3 œuvres du musée d’arts de Nantes reproduites sur des bâches tendues juste au-dessus, qui annoncent une exposition intitulée « United States of Abstraction » et qui présente les réalisations de divers artistes américains venus en France entre 1946 et 1964.
Le Graffiti prend donc sa place dans le centre ville sur ces planches de bois, comme il l’a fait à ses tout débuts parisiens sur les palissades du Louvre au milieu des années 80.
Les 3 peintres ont décidé de s’imprégner des œuvres présentées au-dessus d’eux ainsi que de différents courants artistiques en lien avec l’exposition.
Ainsi Persu réalise un lettrage wild style, comme il en a l’habitude, influencé pour l’occasion par l’Action Painting de Pollock. Traces gestuelles et corps en mouvement vont déstructurer le dessin de ses lettres pour tendre vers une abstraction à mi-chemin entre graffiti freestyle et expressionnisme abstrait. Au fur et à mesure qu’il se rapproche de la partie de Pedro, son lettrage va s’épurer pour adopter des formes plus graphiques et devenir simples lignes.
Pedro lui s’inspire de l’Orphisme de Delaunay ou du Suprématisme de Malevitch, créant une composition abstraite rythmée par des plans géométriques qui s’interpénètrent et où les couleurs vont créer espace, profondeur et lumière, tout en laissant apparaître des éléments figuratifs, permettant ainsi une transition vers la partie du 3e artiste du collectif.
Wide enfin adopte la démarche de Duane Hanson, artiste hyperréaliste qui exprime ses préoccupations sociales en transposant des scènes de vie quotidiennes banales ou provocantes afin de les immortaliser. Ces palissades étant un lieu de passage très fréquenté par les livreurs à vélo, ce sont ces derniers qu’il décide naturellement de représenter, masqués comme l’exige le contexte actuel, avec un rendu réaliste agrémenté de ses fameuses superpositions de lignes et de trames, créant ainsi un lien entre Graffiti, Hyperréalisme, Op’Art et Figuration Narrative.
Si la fresque présente 3 parties distinctes, chaque artiste y est allé de sa petite touche sur les parties des 2 autres, afin d’aboutir à un rendu collectif et cohérent.